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L'histoire

 
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Janabis
Grand Méchant Loup
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Sexe: Sexe:Masculin
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Messages: 9350
Localisation: Rabastens (en Occitanie)

MessagePosté le: 12 Déc 2017, 18:00    Sujet du message: L'histoire Répondre en citant

LA CROISADE DU DESESPOIR*
*Récit complet & non-censuré


PARTIE I
- La cité impériale -


L'épilogue a écrit:
_ Pssst ! Pssssst !


Seuls dans la grande salle notariale, le trio de truands était déconcerté. Après la rage qui les avait pris en découvrant qu’ils avaient perdu l’héritage du comte Von Nabis, voilà qu’ils entendaient des voix.
L’appel se faisait insistant. Quand tout à coup, le grand blond aperçu des bouts de doigts sortir du mur. Intrigué, il s’approcha du panneau de bois d’où sa vision venait de disparaître & une voix lui chuchota :


_ En bas du panneau, il y a une petite languette. Est-ce que vous pourriez la décoincer s’il vous plaît ?


L’homme s’exécuta doucement, non sans difficulté, & le panneau de bois coulissa sur le côté. Un homme s’extirpa de la cachette. C’était un nain au sourire satisfait & richement vêtu.

_ Merci, se contenta-t-il de dire avant de se diriger vers le bureau.


Il se mit alors, le plus naturellement du monde, à remplir la grosse besace qu’il portait de papiers, de billets, de pièces, de lingots & autres divers produits de valeur. Un fois sa bourse débordante de richesses & bien trop lourde pour lui, il salua le trio abasourdi tout en se dirigeant vers sa cachette.
La femme du groupe s’empressa de lui barrer la route.


_ Qu’est-ce que vous faisiez là & où allez-vous comme ça ?
_ Oh ! Disons que j’étais bloqué Mais maintenant, je m’en vais.
_ Avec ça !? fit-elle en désignant la besace. C’est à vous ?
_ Maintenant, oui.
_ Mais qui êtes-vous ?
_ Ecoutez, je travaille ici, votre arrivée m’a … un peu dérangée, alors je me suis caché là. Seulement le mécanisme s’est bloqué & je me suis retrouvé enfermé. Vous m’avez libéré, merci, bonne journée.
_ Non mais & puis quoi encore ?
_ Bon ! Je suis l’assistant du notaire, je suis spécialisé dans les affaires … disons … enfin, pour faire court je suis rectificateur de vérité.
_ Faussaire donc.
_ Oh la la ! Tout de suite les grands mots ! fit-il à peine vexé.
_ Mais c’est intéressant ça, murmura-t-elle une lueur dans le regard.
_ Non, non, je ne travaille plus, fit-il en tâtant sa besace.
_ Je vous parle de plusieurs millions !
_ Aaaaah … mais il fallait commencer par ça. Suivez-moi !


Le chapitre un a écrit:
La désolation transpirait partout dans la cité impériale.
Des pleurs, des larmes. Du sang, des gémissements.
Aucune maison n’avait été épargnée par la tuerie de l’après-midi.

Les barbus avaient chargés aveuglément sur les défenseurs. Ils avaient foncés têtes baissées, frappant de toutes leurs forces au moindre signe d’opposition.

En moins d’une minute, la moitié de la canaille placée aux avant-postes avaient été décimée. Une centaine d’hommes engloutis en un clin d’œil par une furie inhumaine.
Certains braves esseulés tentaient de sauver leur peau, vaillamment, mais surtout vainement. Certains arrivaient parfois à occire dix, quinze, voire même une vingtaine de monstres, avant de plier sous les armes & mourir dans l’anonymat.
Repoussé sur le côté, acculé à la muraille, un gros groupe de défenseurs s’était organisé & résistait comme il pouvait, encouragé par un homme à la voix forte & à la couleur de peau foncée.

Obnubilés par la volonté de pénétrer dans l’enceinte de la cité pour tout détruire, les barbus délaissaient quelque peu ce groupe. Toutefois, le rapport de force était toujours inégal & les hommes tombaient les uns après les autres.
Il ne fallut pas plus d’une demi-heure aux barbus pour franchir la muraille & forcer la porte de la cité. Les assaillants s’y engouffrèrent sans plus tarder, mais derrière, l’opposition était mieux préparée, mieux armée & surtout mieux placée pour défendre.

Ce changement de situation eu pour effet de diminuer le nombre d’ennemis auquel le petit groupe, réduit à une simple poignée d’hommes, faisait face. Une lueur d’espoir brillait dans les yeux des plus lucides, les motivant à engager leurs dernières forces dans la bataille.
Parmi eux, un homme affublé d'un casque panaché, dont on aurait dit que la couleur de feu avait déteint sur tout son corps. Il n’avait plus que quelques adversaires devant lui & derrière eux, plus rien. S’il parvenait à passer derrière la ligne ennemie, il serait sauvé.
Levant au ciel la lourde épée qu’il avait récupérée au cours du combat, il l’abattit sur le gros barbu qui s’apprêtait à l’éclater d’un coup de fléau d’armes. Le danger écarté, il se rua sur les barbus suivants qui le séparaient de la liberté.
Alors qu’il enfonçait son épée dans le cou du dernier ennemi qui lui faisait face, un violent coup le frappa sur le côté & au visage, le faisant voler quelques mètres plus loin.

Inconscient.

*******


Dans les rues de la cité, la défense était bien organisée. Placés à des endroits stratégiques, bien équipés & entraînés, les gardes impériaux décimaient les barbus, piégés dans les ruelles étroites & exposés aux coups mortels des défenseurs.
Malgré les pertes énormes, le surnombre permis à l’envahisseur d’atteindre la totalité des quartiers de la ville. Mais plus ils avançaient & plus ils se divisaient, se rendant ainsi plus vulnérables.

La bataille continuant ainsi pendant de longues heures.
A la nuit tombante, les bruits des armes & des cris de guerres n’étaient presque plus qu’un douloureux souvenir. Il fallut encore quelques heures aux gardiens de la cité pour contrôler chaque recoin de chaque quartier & ainsi s’assurer d’avoir exterminé les derniers barbus qui n’avaient pas encore fuit.
Si les barbus avaient été vaincus, les pertes impériales n'en demeuraient pas moins énormes & la cité mettrait de longues années pour s’en remettre.


*******


_ Je ne vous cache pas que ce travail n’est pas ... sans risque. Mais ! Sachez que si vous vous acquittez de votre ...
_ Allez, allez ! Arrêtez votre baratin & dites-moi combien vous payez.


Le recruteur sorti une bourse de sa poche, la dénoua & en sorti quelques pièces en précisant bien qu’il y en aura des centaines d’autres une fois la mission menée à son terme.
Devant l’hésitation du rouquin qui lui faisait face, il précisa :


_ Réfléchissez bien : Ici tout a été ravagé, vous avez sûrement tout perdu ou presque. Il va falloir tout reconstruire & on va vous exploiter pour cela. En plus, rien ne nous dit que les barbus ne vont pas revenir prochainement, c’est pourquoi il faut se décider rapidement. Nous voulons partir dès que tout sera prêt, demain si possible. Ne soyez pas bête, l’offre que nous vous faisons n’est pas pire que votre avenir ici.


L’homme qui lui faisait face se leva, lui serra la main en précisant qu’il reviendra à la taverne dès l’aube. Puis il prit les pièces que lui avait présenté le marin avant de s’en aller & de préciser :

_ C’est pour l’acompte !


*******


Une odeur mortelle. Un silence mortel. Un paysage mortel.
Mais il était vivant !

Au pied des grandes murailles de la cité impériale, les cadavres se comptaient par milliers.
La lueur du jour naissant révélait petit à petit toute l’horreur de la bataille.
Trop faible pour entreprendre quoi que ce soit, il se laissa divaguer, laissant le destin choisir pour lui :
Mourir ou survivre.
Une main se posa sur sa bouche.


_ Vé !


Le chapitre deux a écrit:
Le petit homme avait conduit ses nouveaux amis au travers d’un corridor étroit & bas de plafond.
Si lui n’avait aucun souci pour s’y déplacer, les autres le suivaient avec difficulté, voire même à quatre pattes.

Ils étaient finalement arrivés dans une petite pièce ornée d’un lit, d’une table & d’un banc. Trois fentes étroites laissaient seulement passer une faible lumière.
A leur arrivée, une créature blonde se leva du lit & les salua. Le grand blond ne la quitta plus des yeux dès qu’il l’aperçu.
Une fois les présentations faites, ils s’installèrent à la table pour discuter affaires.
S’ils s’accordèrent rapidement pour faire équipe, il restait encore des détails à régler, dont un de taille. Car, outre leurs problèmes actuels, les difficultés de mise en place, leurs compétences respectives & les solutions que chacun pouvait apporter, pour toucher l’héritage coûte que coûte, le nain leur assura qu’il ne leur restait plus qu’une solution : Se rendre sur place.
Après un long moment de discussion, d’âpres négociations, de compromis, de compliments intéressés & de menaces, le petit groupe arriva enfin à un accord.
Ils se serrèrent la main & quittèrent la pièce par un second passage secret dissimulé derrière un rideau sombre.

*******


Transporté sans ménagement à l’intérieur de la cité, on installa le survivant parmi les autres.
Oh ! Ils n’étaient pas bien nombreux, moins d’une dizaine, mais la plupart avaient survécus sans trop de dommages, ayant trouvé refuge dans un recoin ou sous une des premières victimes de la bataille. Ils n’étaient que trois, avec lui, à avoir bravé héroïquement la mort & triomphé. Mais à quel prix ?

Très vite, il se rapprocha de quelques-uns & évoqua sa rancœur.
Ses nouveaux compagnons valides se mirent alors en quête pour lui fournir les informations qu’il désirait.
Il ne fallu pas bien longtemps aux anciens malfrats pour récolter les principaux renseignements.
Une femme, plus très jeune mais toujours agréable à regarder, accompagnée d’un grand beau blond musclé & d’un petit marin trapu, ainsi que d’un nain & d’une « BaB », se faisant discrets. Ils se trouvaient dans une taverne malfamée à la recherche de main-d’œuvre.
Au nain & à la « BaB » près, la description du groupe correspondait parfaitement. L’homme, qui venait de retrouver son casque panaché, leur soumis son plan qui commençait à germer dans son esprit. Mais il fallait faire vite.

Aucun ne refusa.


*******


_ Qu’est-ce qu’on fout là !? s’impatientait le grand blond musclé.
_ Vous voulez sortir vous battre ? lui demanda le nain. Vous êtes pressé de mourir ?
_ Bien sûr que non, mais cela fait un plus d’une heure qu’on poireaute ici.
_ Dommage pour vous, parce que cela risque de durer encore un bon moment.


Après avoir marché quelques minutes dans des souterrains du palais administratif, la petite troupe s’était posée dans une salle un peu plus grande que la précédente.
Plus adaptée pour l’attente & l’inactivité, des couches avaient été aménagées de chaque côté de la pièce.
Au centre, une cuve à eau & quelques vivres les attendaient pour les aider à passer le temps.
Le petit puits de lumière au centre du plafond n’apportait pas beaucoup de clarté, surtout dans les coins, mais il était fait de telle façon qu’on ne pouvait pas soupçonner sa présence de l’extérieur.
Si l’endroit avait été une bonne cachette pour les notables de la ville dans un lointain passé, il l’était encore plus pour les rares personnes qui en connaissaient aujourd’hui son existence. De plus, elle permettait d’entendre incognito les murmures de la ville.
Mais présentement, c’est le bruit du chaos qui parvenait à leurs oreilles.

Le petit homme profita de cette attente forcée pour préciser les détails de leur aventure.
Tout d’abord, il précisa qu’il faudra se montrer prudent & très discret.
Dès la bataille finie, si les barbus étaient vaincus, il les amènerait dans une taverne située pas très loin de leur cachette. Sur place, ils pourraient y faire des provisions auprès de l’aubergiste qu’il connaissait très bien & recruter des hommes d’armes valides, s’il en restait, mais au moins un homme pour protéger chaque membre du groupe.

Si les barbus venaient à bout de la cité, ce qu’il n’espérait pas, il faudrait s’enfuir de nuit avec le peu de vivres qu’ils avaient à disposition.
Mais surtout, seuls.

Lorsqu’il demanda si c’était clair pour tout le monde, tous acquiescèrent.

Le temps passa alors lentement.

Lorsque la bataille fut terminée, tout le groupe dormait profondément.
Au petit matin, le nain se réveilla le premier.
Il s’absenta un long moment.

Lorsqu’il revint, avec des victuailles, il leur exposa la situation.
Les barbus étaient vaincus, ce qui était un premier soulagement, mais trouver des hommes valides relèverait certainement du miracle, sans parler de montures.
Partir avant le lendemain serait probablement prématuré, de la folie pure & simple, mais rester plus longtemps serait tout aussi fou. Surtout depuis que la rumeur courait que sa disparition & la mise à sac de la grande salle notariale avait mis le grand notable dans tous ses états.
Il fallait donc recruter au plus vite & presser l’aubergiste pour qu'il leur rassemble assez de vivres pour la route.

En attendant, ils passeraient la soirée là-bas pour partir au milieu de la nuit.
Avant l'aube.


Le chapitre trois a écrit:
Dans un coin de la taverne, un petit groupe d’aventuriers tuait le temps en jouant à divers jeux d’argent.

Deux hommes lançaient leur couteau sur une porte verrouillée. L’un d’eux n’avait qu’un seul bras & il se moquait joyeusement de son adversaire, un grand blond qui avait encore ses deux bras bien musclés, mais qui était incapable de planter son couteau à moins de vingt centimètres du centre de la cible.
Acceptant mal la défaite, il redemandait sans cesse une revanche, surtout quand une femme le regardait.

Près d’eux, une montagne de muscles tentait vainement d’expliquer à son acolyte les règles de la morra.
Celui-ci, muet, essayait de lui faire comprendre qu’il connaissait bien le jeu, mais qu’il ne pouvait tout simplement pas y jouer.
Mais rien à faire, la brute épaisse était persuadée qu’il refusait de jouer par peur de perdre. Il lui proposa alors diverses formes de jeu pour l’encourager à jouer contre lui, même pour du beurre, mais sans succès.

A une table proche, trois de leurs compagnons avaient l’air plus graves.


_ Est-ce qu’on ne ferait pas mieux d’y aller maintenant ? s’inquiéta une femme brune, plus toute jeune, mais encore bien séduisante. Ils ne viendront pas & encore moins le petit rouquin. Ah ! Il vous les aura bien volé vos cinq pièces d’or !
_ Avec un manchot, une brute épaisse qui pu la vinasse & un muet comme garde rapprochée ? répondit le nain. Je crois que vous n’avez pas bien saisi les dangers qui nous attendent ma p'tite dame. Déjà qu’il est impossible de trouver la moindre monture à un prix abordable, je ne partirai pas sans une protection personnelle pour chacun d’entre nous. Attendons au moins mon ami.
_ Vous voulez dire le gros barbu qui avait du mal à se bouger ? intervint un homme en marinière. Autant me protéger tout seul.
_ Détrompez-vous mon ami ! Personne ne manie mieux la hache que lui ! répliqua le petit homme. Gare à vous s’il s’énerve, c’est un teigneux !


Comme il disait cela, une femme s’approcha subrepticement du groupe. Personne ne l’avait entendu arriver.
La reconnaissant aussitôt, le nain l’accueillie les bras ouverts & lui exposa rapidement la situation.


_ C’est qui celle-là ? interrogea la meneuse du groupe interloquée.
_ Ah ! Oui, pardon, s’excusa le petit homme. J’ai proposé à cette ... redoutable guerrière de se joindre à nous.
_ Vous êtes sûr que c’est pour ses talents au combat que vous l’avez recruté ? répondit d’un air sarcastique son associée tout en dévisageant la nouvelle venue.


Il ne releva pas, mais l’héritière de Von Nabis fut difficile à convaincre. Toutefois, elle se doutait bien que personne ne s’opposerait à sa présence dans la communauté.
Déjà que la présence de la blonde lui portait sur les nerfs, une femme de plus dans la troupe ne l’enthousiasmait pas vraiment.
Mais bon ...


_ Allez, cela a assez duré. On s’en va, finit-elle par décréter exaspérée, joignant le geste à la parole.


Sur le qui-vive, tout le groupe la suivit dans la précipitation.
Une fois tous rassemblés dehors, devant la devanture de la taverne, le nain tenta de gagner du temps en donnant calmement ses consignes.

Le tavernier les y rejoint.


_ Je vous accompagne ! fit-il d’un air à la fois jovial mais aussi inquiet, baluchon sous le bras.


C’en était trop pour la pauvre femme.
Elle qui voulait partir en croisade pour hériter du richissime conte Von Nabis, voilà qu’elle était entourée d’une équipe de bras cassés.
Sentant que la tension montait au sein du groupe, en bon marin qu’il est, l’ancien capitaine de la « Fleur des Astres » ordonna le départ de la troupe sur le champ, sans perdre une seconde.

A peine avaient-ils fait quelques mètres que trois hommes tapis dans l’ombre se postèrent devant eux.
La grosse brute dégaina aussitôt son épée.


_ Hé ! Malheureux ! Tu ne vois pas que ce sont nos amis ? Réfléchit avant d’agir ! s’empressa de préciser le nain en accolant le gros barbus qui lui faisait face. Voilà que nous sommes au complet ! Mais que n’êtes-vous pas venus nous rejoindre à l’intérieur ?
_ Disons que nous préférions rester discrets, répondit simplement son ami.


& la petite communauté reprit son chemin par de petites ruelles sombres, vers les murailles du sud.

*******


Au coin d’une impasse, à l’écart des lumières, un homme surveillait les allées & venues des passants, rares à cette heure de la nuit.
Voir tout un groupe déambuler silencieusement devant lui ne pouvait donc qu’attirer son attention.

Il les observait attentivement.

Regroupés au fond de l’impasse, l’un d’eux parlait tout doucement en faisant de grands gestes, indiquant régulièrement un endroit dans le mur.

Après quelques minutes, un léger raclement se fit entendre.

Il fallu quelques temps à l’homme pour comprendre ce qui se passait : Toute la troupe disparaissait petit à petit à travers la muraille.

Quand il s’approcha furtivement de l’endroit, ils n’étaient plus que deux.
A sa vue, le petit nain sursauta, la gorge nouée.


_ Où est-ce que vous fuyez ? s’enquit l’homme sortit du noir.
_ Ne me faites pas de mal ? implora le petit homme.
_ Je ne vous veux pas de mal, je vous demande où vous allez ?
_ Vous le connaissez ? demanda le grand brun musclé à son nouveau patron.
_ Mais débarrasse-moi de lui, imbécile ! Au lieu de discuter ! s’emporta le nain.


Le garde du corps eut tout juste le temps de dégainer à nouveau son épée, qu’un sifflement transperça l’obscurité & qu’un couteau se planta dans sa main.
Figé, le visage niais empreint de surprise, il lâcha son arme avant de constater, ahuri, l’état de sa main.
La douleur n'avait pas de son.

Une seconde ombre, plus petite & menue, sortie à son tour de l’ombre, récupéra le poignard planté dans la main de sa victime, le nettoya & le replaça à sa ceinture, sous le regard médusé de l'homme brun, comme si de rien n’était.


_ Pitié ! Nous ne sommes que des voyageurs qui partons pour le sud afin de nous installer là-bas.
_ Hé bien voilà, fit l’homme en dévoilant son visage plus très jeune. On va vous escorter.
A ses côtés, une jeune fille révéla également son visage.


Le nabot objecta alors qu’il avait déjà une escorte & qu’il n’avait que faire d’une gamine.
Ce à quoi l’homme qui le tenait maintenant par le col lui expliqua que la gamine en question aurait pu éliminer son colosse d’un simple lancer de poignard & qu’au final il ne lui laissait pas vraiment le choix.

Après un léger temps d’hésitation, écourté par une pointe fine stratégiquement bien placée, le nain accepta.

Après tout, deux nouvelles recrues pour assurer sa protection, sans même avoir à négocier de rétribution, il y gagnait au change.
Une main serrée & une tape dans le dos plus tard, il s’engouffra dans le passage secret, à la suite des autres.

*******


A l’autre bout de la ville, un son de corne retentit dans la nuit, faisant vibrer d’effroi tous les murs de la cité.
Les craintes de l'aubergiste étaient donc bien fondées. Toute la journée, des rumeurs d'une nouvelle attaque imminente des barbus avaient circulé.
La corne acheva la rumeur.
Un épais voile étrange enveloppa dans l’obscurité totale la citadelle blessée.
L’horreur allait reprendre.

_________________
>>> Janabis <<< le plus fidèle des chien-loups qui vous attend à la taverne ! Tire la langue

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Janabis
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MessagePosté le: 12 Déc 2017, 18:02    Sujet du message: Répondre en citant

PARTIE II
- La communauté -


Le chapitre quatre a écrit:
La petite communauté quittait la cité impériale un peu dans la précipitation.
Une fois la porte secrète refermée, les derniers fuyards s’était empressés de rejoindre les autres.

Derrière eux, la corne redoublait d’effort.
Déchirant la nuit & réveillant la terreur.

*******


Le passage secret traversait la muraille.
Non pas par un passage simple & droit, mais par un interminable dédale cheminant dans tous les sens. Quelques marches descendaient d’abord sous les fondations, puis le passage tournait un coup à droite, un coup à gauche. Tantôt il remontait, tantôt il redescendait. Le tout dans l’obscurité la plus totale, sans aucune ouverture vers l’extérieur. Si bien que tout le monde était désorienté, avançant à tâtons. Heureusement pour eux, il n’y eu qu’un seul endroit où le corridor se divisait en deux & le nain leur indiqua avec assurance la direction à prendre.

Après dix bonnes minutes de marche, la sortie se révéla enfin devant eux.
Parterre.
Un trou dans le sol, en forme d’entonnoir, débouchait trois mètres plus bas, au pied de la muraille, dans un terrain vague isolé.
Si certains se jetèrent sans peine dans le vide, pour d’autres ce fut plus compliqué.
L’ami du nain se retrouva coincé à quelques centimètres de la sortie. Les pieds dans le vide, il dû se contorsionner un peu & jouer des coudes pour finir de glisser le long du conduit. Quant au manchot, il fut poussé sans ménagement & contre son gré dans le trou.

*******


Au pied de la muraille, la petite communauté rassembla ses affaires & se regroupa à couvert avant de reprendre sa marche. En direction du sud.


_ Mais qui êtes-vous ? demanda alors tout surpris le marin à l’attention de la jeune fille & de son père.
_ Du renfort ! intervint le nain. & au rapport qualité-prix imbattable, jugea-t-il bon de préciser.


La surprise s’affichait sur tous les visages & l’accueil de ces deux nouvelles recrues fut mitigé au sein du groupe, mais sans réelle opposition.
Bien sûr, la sécurité s’en trouvait renforcée & pour pas cher apparemment, mais une gamine & son vieux père étaient-ils vraiment aptes à mener à bien le travail qu’on leur demandait de faire ?

Quoi qu’il en soit, le temps n’était plus à la discussion.
Ils étaient là, il fallait faire avec & ils aviseraient plus tard.


_ On n’attend pas votre chien de garde ? s’étonna à son tour le vieillard à l’attention du petit homme.


Celui-ci ne compris pas tout de suite l’allusion, mais après un moment de réflexion, il s’aperçu en effet que le grand homme brun qui devait assurer sa sécurité n’était plus là.

Il retourna rapidement sous l’issue du passage secret.
Il n’y était pas.
Le passage avait été créé de telle façon qu’une intrusion extérieure était impossible. De fait, il lui était impossible, surtout pour un homme de sa taille, de remonter par le conduit.

Il tenta de l’appeler.
En vain.

Se serait-il perdu dans le tunnel & emprunté le mauvais chemin au croisement ? Certes, il n’avait pas l’air très futé, mais quand même, à ce point !? Ou alors, blessé à la main, avait-il rebroussé chemin ?

Quoi qu’il en soit, il était impossible de faire demi-tour.
Attendre plus longtemps, alors que la corne redoublait d’effort, devenait trop dangereux.
La seule solution raisonnable était de continuer la route.

*******


La nuit était sombre, il fallait en profiter.
Certes, ils n’avançaient pas très vite, mais au moins ils ne se feraient pas repérer.

Après avoir quitté le terrain vague, ils avaient traversé un ruisseau pour se retrouver dans un pré où dormait un troupeau de vaches.
De là, ils avaient alternés entre d’autres prés & des bois.

La cité impériale s’éloignait tout doucement. Seul l’interminable chant de la corne attestait de sa présence encore proche.

Ils se trouvaient encore dans un petit bois lorsque le ciel commençait à bleuir.
Le marin, habitué aux longs voyages, proposa d’y faire une première pause, à couvert.
Tout le monde accepta avec soulagement & des petits groupes se formèrent.


_ Vous ne pourriez pas lui dire de s’habiller un peu à votre pouf, là, non ? pestait l’héritière du comte.
_ Mais elle est très bien comme elle est. Qu’est-ce que vous voulez, qu’elle mette une fourrure ? Vous avez oublié qu’on se dirige vers le désert ? répondit le nain.
_ J’entends bien, mais une robe aussi courte, sans parler de son grand déballage, ce n’est pas non plus une tenue pour la marche, rétorqua-t-elle en désignant la « BaB » qui minaudait un peu à l’écart, entourée des plus jeunes hommes de la troupe, dont son amant.
_ Moi je trouve que ça lui va très bien. En plus, quand elle est à côté de moi, je n’ai qu’à lever les yeux au ciel pour réaliser que le Paradis existe vraiment & ça, ça me donne une de ces pêches ! Vous n’imaginez pas.
_ Oh ! Si, j’imagine très bien.


Le chapitre cinq a écrit:
_ & maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
_ Patience. On trouvera bien un petit village, paisible où nous installer. Tu as entendu comme moi, c’est ce qu’ils veulent faire aussi.
_ Oui, mais justement, j’les sens pas ces gens.
_ Allez arrête. Tu vois le mal partout & puis, le Sud, ça à l’air plutôt pas mal, non ? Ta mère n’arrêtait pas d’en dire du bien. Je suis sûr qu’elle aurait aimé être là, avec nous.


En guise de réponse, la jeune fille soupira longuement.
La discussion était terminée.

Un peu à l’écart, ils pouvaient aisément observer leurs compagnons de route.
Le fait que sa fille émette des craintes incitait l’ancien militaire à mieux observer son nouvel entourage. L’homme à l’épaisse moustache savait reconnaître les hommes belliqueux.
S’il ne s’était attardé jusqu’alors que sur les meneurs, il découvrait maintenant le reste de la troupe.

Il connaissait vaguement l’aubergiste, un homme peu recommandable, toujours mêlé à divers petits trafics, mais pas vraiment dangereux.
Il en avait probablement déjà rencontré quelques-uns, c’est possible, mais aucun qui ne lui rappelle un souvenir précis.
Toutefois, l’un d’eux lui disait vaguement quelque-chose. Il l’avait déjà vu quelque part.
Est-ce lui que sa fille craignait ?
Si c’est le cas, il le garderait à l’œil.
Le temps que la mémoire lui revienne.

*******


_ Quand j’étais petit, j’avais un petit cochon qui avait le même prénom que toi !
_ Tu me compares à un cochon !? s’offusqua la grande blonde.
_ Ah non, mais c’était le plus joli des cochons. Mon préféré !


Fier de lui, il ne comprenait pas que sa justification n’était pas du goût de la « BaB » qui le regardait désormais d’un regard dédaigneux. Ce qu’elle trouva toutefois dommage, car il était plutôt séduisant.

Une voix autoritaire se fit alors entendre.
Il fallait reprendre la route.

*******


Le soleil commençait à s’élever dans le ciel.
Tout était calme. Le groupe avançait silencieusement.
Rien ne laissait présager que le magnifique paysage qui s’offrait à eux recélait de terribles dangers vers lesquels ils se dirigeaient inévitablement.
Tout allait bien.
Pour le moment.

Le silence soudain les réveilla de leurs rêveries.
Ils s’étaient habitués au son de la corne qui résonnait dans le lointain, faiblissant au fur & à mesure qu’ils avançaient, devenant quasiment imperceptible.
Ils n’y prêtaient plus attention, mais tous remarquèrent son arrêt soudain.
Si certains se regardèrent, tous pressèrent instinctivement le pas.

*******


Quand la communauté arriva au bout du chemin, le soleil était au zénith.
L’horizon était bien différent de ce qu’ils avaient vu jusqu’alors & certains ne se doutaient pas que l’herbe haute qu’ils foulaient à ce moment-là serait la dernière.
Le nain pointa du doigt un endroit en contrebas de leur position.


_ On va passer la nuit là-bas.
_ Au milieu du désert ? s’étonna un membre du groupe.
_ & pourquoi pas ? s’amusa le petit homme. Regarde bien. Tu vois la crevasse là ? Remonte, remonte, remonte. Elle s’élargit, c’est là que nous nous arrêterons.
_ Dans le trou ?
_ Fais-moi confiance.
_ Euh … je veux bien, mais comment on descend ? interrogea une voix féminine.


En effet, le désert aride qui se présentait face à eux se situait une cinquantaine de mètres plus bas.
Une falaise abrupte faisait office de séparation naturelle entre la plaine & le désert.

Il existait bien une rampe creusée dans la roche quelque part, le petit homme richement vêtu le savait bien, mais il ne savait pas où elle se trouvait exactement.

Ils longèrent alors la falaise vers l’est, pour se rapprocher de la crevasse.
Ils marchèrent une bonne heure. Sans résultat.
Dépités, ils firent demi-tour.
Ils trouvèrent totalement par hasard le chemin d’accès à la rampe, alors qu’ils venaient juste de passer par-là quelques minutes avant.
Rarement emprunté, l’accès avait était envahi par des herbes hautes.
Il ne leur restait plus qu’à descendre.

La pente était raide & étroite.
La descente périlleuse. Certains durent se faire violence pour s’y engager.
Sans barrière, ni quoi que ce soit pour s’accrocher, le moindre écart pouvait conduire à une chute de plusieurs mètres.
Ne voulant prendre aucun risque, tout le monde avançait prudemment, ce qui ralentit considérablement leur progression.

Tout se passait bien jusqu’à ce que, tout à coup, une déflagration lointaine se fit entendre.
Des yeux levés vers le ciel, attendant probablement un hypothétique signe d’explication, les regards se tournèrent vers le sol.
Le manchot avait crié avant de basculer dans le vide & se retrouver une dizaine de mètres plus bas.
Inconscient.


Le chapitre six a écrit:
Ils se tenaient tous autour du manchot qui peinait à retrouver ses esprits.
L’héritière du comte Von Nabis reprochait au petit homme d’avoir recruté des incapables.
Lui-même pestait contre l’estropié en rappelant qu’il avait bien prévenu de faire attention.
Certains pensaient qu’il avait été poussé, peut-être sans faire exprès, ce que l’homme roux, qui le suivait, réfutait véhément, même par inadvertance.
D’autres, que l’étrange bruit l’avait distrait, lui faisant perdre l’équilibre.
Mais le résultat était le même.
Celui qui avait perdu l’usage de son bras droit avait également perdu connaissance.

Il ne restait plus beaucoup de distance à parcourir avant de pouvoir se poser pour la nuit.
Le blond, grand & costaud, fut donc mandaté pour le transporter sur son dos afin de reprendre la route.

*******


La petite communauté avait continué sur un chemin en pente douce qui s’enfonçait dans la terre & qui donnait sur un étroit canyon asséché dans lequel ils s’étaient engagés.
La fraîcheur qu’il y faisait était surprenante quand on sait que le désert de l’Espoir Dés est le plus chaud qui leur soit connu.
Le corridor de pierre serpentait doucement, à l’abri du soleil.

Au détour d’une courbe, ils débouchèrent sur un spectacle étourdissant.

Le canyon s’était grandement élargi, révélant une grande place que l’homme, de toute évidence, avait jadis emménagé.
Si les constructions érigées au cœur de l’emplacement étaient maintenant en ruines, tout autour, les autres bâtiments étaient encore parfaitement intacts.
Ce petit village caché avait un charme fou.
Mais en y regardant de plus près, cela ressemblait fort à un lieu dédié au jeu, au vice & à luxure.
En effet, les ruines centrales ressemblaient à un lieu de spectacle.
Sur les côtés, divers logements avaient été creusés à même la roche. La plupart étaient assez sommaires & basiques, mais d’autres avaient de hautes entrées richement sculptées avec des colonnes & des statues.
La configuration des lieux faisaient fortement penser à des salles de jeux ou encore des salles de banquets.
Enfin, au-dessus, accessibles par d’étroits escaliers percés dans la paroi, de nombreuses petites pièces se succédaient.
Des chambres de toute évidence.
Bénéficiant de grandes ouvertures, uniquement protégées par de belles barrières de pierres, on pouvait s’y relaxer en toute discrétion, tout en profitant du spectacle, comme au théâtre.

C’est donc ici qu’ils passeraient la nuit.

*******


_ C’est franchement incroyable ! s’extasiait la jeune fille du haut d'un des balcons.
_ Oui, c’est vraiment dommage que ce soit tombé dans l’oubli, constatait son père.
_ & encore ! vint s’immiscer le tavernier dans la conversation. Vous l’auriez vu à la grande époque ! On aurait dit le Paradis !
_ Tant que ça ? se mit à rêver la gamine. Vous veniez souvent ?
_ Oh ! … Euh … non, moi je n’ai jamais eu cette chance. A l’époque, j’étais bien trop jeune & puis l’endroit était bien gardé. En plus, il fallait payer ! Une taxe de passage bien trop chère pour le commun des mortels comme vous & moi. Mais c’est ce qu’on disait à l’époque. Vous savez, les rumeurs circulent vite & sur ce sujet, elles étaient unanimes. C'était le Paradis !


*******


Bien qu’il ne voulu pas le montrer, le grand blond était épuisé.
Aussitôt arrivé dans la place, il avait déposé sans ménagement son fardeau sur le sol.
Le manchot émis un faible grognement, mais restait toujours inconscient.
Personne ne se souciait vraiment de lui tant le spectacle qui s’offrait à eux était fascinant.
Après un temps de contemplation, une voix demanda si quelqu’un ne pouvait pas se pencher sur son cas.


_ Vous pouvez vous en charger, vous, non ? proposa le marin à l’archère qui s’était voulue discrète jusqu’alors.
_ Moi !? répondit-elle choquée. C’est parce que je suis une femme que vous me demandez ça ? Vous ne voulez pas plutôt mon poing sur la figure ?
_ Oh ! Euh … non …
_ Allons, intervint le petit homme barbu, vous êtes une femme, vous savez forcément mieux que nous comment soigner ce manchot.
_ Mais de quoi je me mêle !? Allez au diable !
La jeune femme s’éloigna alors du groupe, sourde à toute remarque.
D’autres s’étaient déjà éloignés & il ne restait plus grand monde au côté du blessé.


C’est donc le marin lui-même qui se pencha sur le malheureux.
Il lui examina la tête, lui donnant quelques petites gifles pour essayer de la ranimer, mais sans succès.
Il entreprit alors de l’examiner plus généralement. Hélas ! Fort maladroitement.

Comme rien n’évoluait, l’ami du nain lui donnant du bout du pied un coup dans les côtes en lui ordonnant de se réveiller.
Rien à faire.
L’homme en marinière s’insurgea. Il n’y connaissait peut-être rien en médecine, mais ce n’était certainement pas la bonne méthode pour ranimer un homme blessé.

Pensant entendre un râle, il se pencha sur lui pour écouter ce qu’il disait, mais rien ne sortit de sa bouche, si ce n’est le silence.
Il se pencha au plus près pour finalement remarquer qu’il ne respirait plus.
Il posa sa main sur le cœur.


_ Je crois qu’il est mort.
_ & c’est maintenant que vous le dites !?


Laissant le cadavre sur place, ils allèrent avertir les autres.
Si personne n’éprouva réellement de peine pour le malheureux, certains exprimèrent leur mécontentement.
Comment pouvait-on mourir aussi bêtement !?
Avec un homme en moins, ils devront se répartir le matériel & porter des charges plus lourdes. Mais surtout, cela faisait un défenseur de moins en cas de danger.

*******


La journée avançant rapidement, ils se regroupèrent pour manger dans ce qui devait être une ancienne auberge.
C’est en les invitant à s’asseoir pour partager le repas qu’il venait de préparer que l’aubergiste releva le seul point positif qu’on pouvait trouver à cette triste disparition.
Cela faisait une bouche de moins à nourrir. C’est déjà ça.

Le dîner se déroula en silence & sans heurts. Chacun dévorant rapidement ce qu’il avait dans sa gamelle.
Puis, les uns après les autres, ils quittèrent le logement pour aller rejoindre leur chambre.
Pourtant, bien qu’ils aient à disposition plus de couchages qu’il n’en fallu, certains préférèrent partager leur loge pour ne pas rester seul.
La nuis s’annonçait ainsi douce & paisible.

*******


& paisible, elle l’était.
Tout était calme.
Mais cela faisait de longues minutes que le petit faussaire n’arrivait pas à fermer l’oeil. La contrariété l’en empêchait.
Sa « BaB » n’était pas venu se coucher avec lui.

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MessagePosté le: 12 Déc 2017, 18:04    Sujet du message: Répondre en citant

PARTIE III
- La croisade du désespoir -


Le chapitre sept a écrit:
Dissimulé derrière l’embrasure de porte, il la regardait dormir paisiblement.
Plus que de la regarder, il l’admirait.

Allongée sur sa couche, sous sa couverture de fortune, il ne la voyait pas bien du fait de l’obscurité, mais ses yeux s’étaient peu à peu habitués & ce qu’il distinguait le ravissait.
Sa jambe gauche, nue, dépassant de la couverture, ainsi que le mouvement de sa respiration calme & sereine.
Sans son arc & son carquois, appuyés contre la balustrade, les cheveux détachés, elle ne donnait plus cette impression de garçon manqué.

Un courant d’air le fit frissonner. La nuit était très fraîche.
Il claqua des dents & se frotta les bras pour se réchauffer.
Il aurait pu ou même voulu rester ainsi des heures à la contempler, mais s’il le faisait il risquait de mourir frigorifié, mais aussi d’être incapable de tenir le rythme le lendemain.

Il hésita un moment.
Il se décida.

Prenant son courage à deux mains, il pénétra dans la pièce.
Lui couvrir la jambe pour qu’elle n’ait pas froid. La contempler de plus près.
Rien de mal.

Plus près, il restait là, immobile, incapable de bouger.
Puis il se pencha pour attraper la couverture.

En un éclair, il se retrouva avec une lame pointée vers lui. Il la vit scintiller si près qu’il cru sa dernière heure venue.
Les sens en alertes, la jeune femme s’était brusquement redressée, sa dague tendue au devant de la menace.
De peur, il trébucha en arrière.
Sans se retourner, il quitta la pièce aussi vite qu’il le pu, à quatre pattes, & s’enfuit à travers le corridor pour regagner sa chambre.

Pourvu qu’elle ne l’ait pas reconnu.

*******


Au même instant, dans une chambre opposée, l’ambiance était différente.


_ Tu es le plus vaillant guerrier que j’ai jamais rencontré.
_ Vraiment ? & pourquoi dis-tu cela ?
_ Parce que les hommes riches & influents n’ont pas ton ardeur. Ils pensent qu’ils pourront revenir le lendemain ou quand ils le désirent, ils le savent. A quoi bon m’impressionner, me combler ou même me flatter puisqu’ils reviendront quoi que je dise ou que j’en pense ? Alors que toi, tu as bravé la mort, on le sent. Tu la côtoies, tu la défies même. Tu sais que tu peux ne pas rentrer chez toi le soir. Tu sais que c’est peut-être la dernière fois que tu me tiendras dans tes bras & cela, plus un homme le sait, plus il est homme.
_ Tu me fais quoi, là ? Tu ne sais rien de moi.
_ Je lis en toi comme dans un livre ouvert ...
_ Allez, arrête, tu me saoules.
_ Partons toi & moi. On s’en fout des ...


Une main forte & puissante se plaqua contre sa bouche, l’empêchant de finir sa phrase.
Son regard fixait le regard noir de son partenaire, un regard cruel.
Elle baissa les yeux.
Il relâcha son étreinte.
Le silence s’ensuivit ...

*******


Cette nuit-là, peu de monde avait trouvé le sommeil.
L’aubergiste, qui se sentait comme chez lui dans cette grande salle de restauration, n’avait pu se résoudre à aller se coucher sans avoir exploré le local.
Alors qu’il allait se coucher, un brin déçu de n’avoir rien trouvé de particulier, il se dirigea vers le tas de bois pourri qui traînait au fond de la pièce afin de se prendre deux ou trois bûches pour se faire un petit feu près de sa couche.
C’est alors qu’il remarqua que, à cet endroit, le sol n’était plus en pierre, mais en bois. Il débarrassa rapidement l’espace pour libérer une trappe qu’il ouvrit sans difficulté.
A part la première marche d’un escalier, il n’y voyait que du noir.
Il alluma sa lampe à huile & descendit.
Une cave ! Evidemment ! pensa-t-il le sourire aux lèvres.
Mais qu’elle ne fut pas sa déception en découvrant qu’elle était vide. Seuls trônaient un vieux jambon moisi pendu au plafond & deux amphores poussiéreuses oubliées dans un coin.

Mais qu’à cela ne tienne.
Il décrocha le jambon &, avec son couteau, trancha dans le vif pour n’en garder que le cœur. Il le goûta.
Fondant en bouche. Un fumet sauvage exquis. Un vrai délice.
Il déboucha une amphore. Huma l’odeur qui s’en dégageait & failli s’étrangler. Une forte puanteur aigre & acide lui agressa tellement les narines qu’il cru que celui-ci allait se décomposer.
Il hésita à déboucher la seconde. Mais il fut agréablement surpris de sentir un doux parfum sirupeux, fruité & boisé. Il en but aussitôt une gorgée. Un régal.
Voilà donc de quoi bien finir une journée riche en émotion. Il ne regrettait pas d’être venu !
Il ne lui manquait plus qu’une « BaB » à ses côtés pour se croire au Paradis.

*******


Une tête s’éleva par-dessus une des plus hautes balustrades, discrètement.
Elle avait attendu que cessent les froissements nocturnes & les murmures silencieux pour s’avancer prudemment.
La nuit était maintenant bien avancée. Totalement silencieuse.
Le vent même avait cessé de souffler. Le jour ne tarderait pas à se lever, mais pas tout de suite.
Une paire d’yeux observait, sans ciller, étudiant en détail tout ce qu’elle pouvait apercevoir grâce à la faible lueur de la lune.
Les minutes passaient.
Aucun détail ne lui avait échappé.
Pas même cette énorme dalle au milieu des ruines qui se souleva & pivota sur le côté, laissant place à un trou béant dans le sol, au cœur de l’arène.
Quatre ombres félines en sortirent.

A ce même moment, le tavernier sortait de son refuge, reput de son jambon & enivré de son vin.
Plus tout à fait lucide, il héla les silhouettes qui s’approchaient de lui.
Sans comprendre ce qui lui arrivait, il hurla sa douleur lorsqu’on lui transperça & déchiqueta son corps.


Le chapitre huit a écrit:
Dispersés un peu partout dans l’ancienne petite cité balnéaire, tous les membres de la communauté furent alertés, voire réveillés, par les beuglements atroces que poussait l’aubergiste & qui déchiraient la nuit.
Les plus entraînés à être sur le qui-vive ne mirent pas longtemps à comprendre ce qui se passait.
Un sifflement traversa la place. Partie d'un balcon, une flèche alla se planter non loin des pieds de l’aubergiste.

De son côté, l’ancien militaire, qui n’avait rien à envier aux plus jeunes, bascula par-dessus la balustrade de sa chambre pour rejoindre le malheureux dans l’arène.
Il fut rapidement rejoint par l’homme sans voix qui lui fit signe de contourner les ruines pour prendre les ennemis à revers.

Une deuxième flèche siffla. Cette fois, elle s’enfonça dans le dos d’un assaillant qui s’écroula aussitôt.

Moins alerte que les autres & bien qu’il dormait juste au-dessus de l’ancienne auberge, l’ami du nain préféra prendre les escaliers. Quand il arriva sur la place, hache en mains, ses compagnons livraient déjà bataille.
Il se jeta à son tour dans le combat &, du premier coup de hache, trancha dans le vif d’un barbu qui lui tournait le dos.
Le muet qui était en position délicate le remercia d’un geste salutaire.
Ils furent rapidement rejoints par le rouquin & le grand black.

De son balcon, la jeune femme n’osait plus tirer de flèches par crainte de toucher un partenaire, mais se tenait quand même prête, l’arc bandé, au cas où la situation se dégradait.

A quatre contre deux, le combat tourna court & ce n’est qu’avec de légères blessures qu’ils sortirent vainqueurs de cet affrontement.


_ Putain ! Mais d’où ils sortent ceux-là ? jura l’homme de couleur.
_ J’en sais rien, répondit le militaire. Mais mieux vaut ne pas rester ici.
_ Ils sont où les autres ! cria le barbu. Venez vous battre, bande de lâches !
_ Rassemblez vos affaires, ordonna le plus âgé d’une voix forte. Il ne faut pas traîner ici.


*******


En peu de temps, toute la troupe avait remballé ses affaires & repris sa route.
Le canyon avait retrouvé sa largeur initiale. Il y faisait plus froid que la veille.
Ils avançaient deux par deux, silencieusement.

Après une heure de marche, au pas de course, la belle blonde s’arrêta net & s’assit parterre.
L’ancien capitaine de navire n’y prêta pas attention & continua sa route, invitant les autres à en faire de même.
Le nain s’approcha d’elle.


_ Allez, qu’est-ce qui t’arrive ma poule ? demanda-t-il sur un ton paternel en lui soulevant le menton comme à une enfant triste.
_ J’en ai marre, fit-elle d’un air las. Continuez sans moi, je sers à rien, je suis nulle.
_ Hein !? Quoi ? Mais t’es folle ? Qu’est-ce que je vais devenir moi sans toi ?
_ Ca va, toi t’es riche, tu peux t’en trouver des dizaines des filles comme moi.
_ Mais arrête tes conneries. On va être riche ! NOUS sommes riches. Toi & moi. Qui c’est qui t’a mis ces idées stupides dans le crâne ? Qui c’est ?
_ Mais personne. C’est vrai, c’est tout.
_ Non. Non. Non & non !


Il appela le grand blond qui s’était aussi arrêté & qui les observait de loin.
Celui-ci rappliqua aussitôt.

Le petit homme fouilla dans son sac & en sortit une bouteille de liqueur. Il offrit une tournée à ses deux acolytes avant de s’en boire une bonne rasade.
Une façon toute personnelle de se remonter le moral.
Il obligea alors la jeune femme à se laisser porter par l’homme fort qui n’en demandait pas tant. C’était quand même autre chose de porter une aussi ravissante créature en peine qu’un vieux manchot inconscient.

Devant, ils n’avaient pas faibli l’allure.
Ils marchèrent alors, loin derrière, pendant un bon moment.

*******


Le jour était maintenant bien avancé.
Le soleil se dressait au-dessus d’eux & la température avait considérablement augmentée.

Le gros de la troupe avait fait une halte. Non pas pour attendre le trio qui fermait la marche, mais parce que devant eux se dressait un obstacle.
Le canyon était devenu si étroit que seule la jeune fille pouvait encore avancer sans difficulté.
Elle n’était pas encore revenue de son exploration plus en avant qu’ils en étaient déjà à se demander s’il ne fallait pas abandonner & faire demi-tour.
La « BaB », qui s’était remise sur pied, arriva alors, suivie des deux hommes qui l’accompagnaient.


_ Ah ! Vous voilà enfin. Imbécile ! explosa la riche femme à l’attention du nain. Vous & vos idées stupides. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
_ Comment ça « qu’est-ce qu’on fait ? » ? Tout va bien. On continue, fit-il en tâtant la cuisse de sa protégée.
_ Mais je ne vous parle pas de ça, fit-elle en méprisant sa rivale du regard. Je vous parle de ça.


Elle désignait alors le mur qui se dressait devant eux.
Le nain paru embarrassé & ne su quoi répondre.


_ C’est bon ! On peut passer, s’exclama la jeune fille en revenant toute essoufflée de son excursion.


Le petit homme fut soulagé de son intervention salvatrice.

_ En fait, si on arrive à continuer un peu plus, il y a comme une sorte d’escalier creusé dans les deux murs. Ca fait comme des marches. Sauf que c’est le vide au milieu. Faut juste faire attention de ne pas tomber, mais comme c’est trop étroit, y a pas grand risque.
_ Du coup, on remonte à la surface ? demanda le rouquin. C’est comment là-haut ?
_ Euh … y a rien & il fait très chaud. Mais on peut attendre une heure ou deux que la température soit plus supportable & on n’aura qu’à suivre la crevasse. Elle file tout droit vers le sud. Par contre, il va falloir s’alléger, parce à des endroits, tout ne passera pas & certains devront se serrer.
_ Enfin ! Heureusement qu’elle est là la petite, parce qu’avec vous, on pouvait crever dix fois dans ce trou à rat, siffla la femme mûre. On ferait mieux de se fier à elle désormais.
_ Quoi ? Mais, ce n’est qu’une gamine ! protesta le nain. C’est moi votre guide, c’est moi qui vous ai sorti de l’enfer de la citadelle, ...
_ & c’est moi qui vous ai épargné, coupa le vieux militaire. Ma fille a cent fois plus de jugeote que vous.
_ Mais mon ami connaît mieux la région que vous, souffla le gros barbu.
_ On voit ça, ironisa l’archère. Je serai d’avis que l’on suive les conseils de la petite.
_ Mais depuis quand ce sont les femmes qui commandent ? s’emporta le petit nabot.
_ Vous avez mieux à proposer ?


N’ayant aucune autre proposition tangible à donner, la question mit fin à la discussion & aux tergiversations.
Ils suivraient donc les conseils de la jeune fille, quitte à aviser une fois à la surface.


Le chapitre neuf a écrit:
La cadette du groupe guida ses compagnons jusqu’au passage qu’elle leur avait décrit.
A ce niveau, la largeur du canyon n’excédait pas les soixante-dix centimètres.
Dans chacune des parois, des encoches avaient été taillé à hauteur & intervalle réguliers. Parfois, une marche sortait d’elle-même du mur.

Avec son agilité juvénile, elle gravit aisément les premières marches pour s’arrêter à ce qu’elle considérait comme la difficulté de l’ascension.
En plus d’être étroit, une partie de la roche s’était décrochée pour former une voûte à un peu plus d’un mètre à peine au-dessus de l’escalier, obligeant ses usagers à se baisser de façon acrobatique.

En se retournant, elle constata qu’elle avait été un peu trop optimiste.
Personne n’avait éprouvé de réelle difficulté à utiliser cet escalier atypique.

Personne, sauf le nain.

Toujours coincé au bas de la pente, il n’arrivait pas à faire le grand écart pour évoluer sur l’escalier.
Le grand blond le porta pour le placer sur la cinquième marche, mais là encore, l’écart était trop grand.
Le muet arriva alors à la rescousse.
Il lui montra alors comment il pouvait évoluer.
En avançant à pas chassés, les pieds d’un côté & les mains appuyés sur l’autre côté, le petit homme était plus à l’aise. Certes, il évoluait avec beaucoup de difficultés, mais au moins, il évoluait.

Si les femmes, un peu moins chargées que les hommes, n’éprouvaient aucune difficulté à avancer, certains hommes ralentissaient maladroitement le groupe. Surtout à l’endroit tant redouté par la jeune fille.

L’ami du nain avait beaucoup peiné à franchir l’obstacle. Il faut avouer qu’il portait un des ses gros sacs, contenant une partie de son butin. Soulagé de s’en être sorti sans encombre, il relâcha son attention & le sac avec.
Celui-ci se retrouva bloqué entre les deux parois, cinq mètres plus bas. Par réflexe, il tenta de le rattraper, mais perdit aussitôt l’équilibre & vint rapidement se bloquer, coincé entre deux murs.


_ Aaaah ! cria le nain terrifié. C’est pas mon or, j’espère. C’est pas mon or !? Dites-moi qu’c’est pas vrai ! Mais quel con !


Le sac était inaccessible, perdu, au grand dam de son propriétaire qui n’en revenait pas.
L’urgence n’était plus la même pour tout le monde.

Le grand basané avait beau se plier en quatre, il n’arrivait plus à avancer sous l’arche. Il était tout simplement bloqué.
Il fallu alors beaucoup de patience à ses compagnons pour l’aider à s’en sortir. Une fois le passage franchi, c’est lui qui aidant le gros barbu à remonter sur l’escalier.

Derrière, certainement troublé par ce passage délicat, le grand blond fut pris de vertige.
Craignant de déraper à son tour dans la crevasse & d’y rester bloqué, il ne bougeait plus, comme pétrifié.
Les femmes qui étaient arrivées à la surface l’encouragèrent.
Elles l’enjoignirent à ne pas regarder en bas, mais plutôt vers elles. Ce qu’il fit après s’être fait violence plusieurs minutes. Le courage lui revint alors quand son regard se porta sous la jupe de son amie blonde.

*******


_ Plus jamais ça ! pesta le nain une fois arrivée au sommet.
_ Allons, le calma son associée. On s’en est sortie. C’est l’essentiel.


L’air était chaud, la terre encore brûlante. Mais bien plus supportable que quelques heures auparavant.
Aussitôt prêts, ils avaient repris leur route.

Suivant le tracé du canyon, ils avançaient toujours vers le sud.

Après un long moment de marche, la faille ne faisait plus que quelques centimètres de large & se perdait au milieu des autres crevasses, rendant son repérage plus difficile.
La nuit tombante n’arrangeait pas la chose.
Plat, sans que quoi que ce soit en vienne perturber la ligne d’horizon, le paysage ne changeait pas.
La monotonie du voyage en rendait certains fous.

La terre s’était peu à peu changée en sable, rendant la progression encore plus difficile.
Seul celui qui ouvrait la marche portait une torche & très vite, l’héritière avait monopolisé cette place. La chaleur de la flamme lui permettait alors de se réchauffer un peu dans le froid glacial de la nuit.

La petite communauté n’avait effectué que deux pauses depuis son départ de la micro-cité quand, au milieu de la nuit, ils aperçurent une lueur dans le lointain, sur leur droite.


_ Allons-y ! s’exclama la gamine avec enthousiasme.
_ Hey ! Non ! rétorqua le marin. Si on va par-là, on va s’éloigner vers l’est.
_ Vers l’ouest, corrigea l’archère. Parce que si c’est l’est, cela voudrait dire que nous sommes en train de faire marche arrière vers le nord. L’orientation, ce n’est pas votre truc.
_ Je suis un marin, moi, madame !
_ Marin d’eau douce, oui.


Sans attendre de consensus, la porteuse de torche s’élança d’un pas décidé vers la source de lumière.
La majorité de la troupe lui emboîta rapidement le pas. Certains se mirent même à courir.
Par la force des choses, les derniers suivirent également.

C’est donc en ordre dispersé qu’ils arrivèrent à une centaine de mètres d’un campement.

Ils ne s’étaient alors pas encore rendu compte qu’un des leurs avait disparu dans le désert.

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MessagePosté le: 12 Déc 2017, 18:06    Sujet du message: Répondre en citant

PARTIE IV
- L'"Espoir Dès" -


Le chapitre dix a écrit:
La gorge serrée, il profita de ce petit temps de répit pour poser son sac & en sortir sa gourde afin de se désaltérer.
La « BaB », qui se trouvait près de lui, lui demanda s’il pouvait lui en donner un peu, car la sienne était vide.
Il accepta poliment, mais non sans contrariété.
L’héritière était déjà repartie de l’avant, le flambeau & sa clarté avec elle.

Aussitôt désaltérée, voyant la troupe s’éloigner à grandes enjambées, la grande blonde abandonna son généreux donateur sans la moindre compassion.

Celui-ci bu alors rapidement une gorgée de son breuvage qui failli l’étrangler.
Tout en toussotant, il replaça le contenant à sa place & refit son paquetage.

Un bruit de pas dans le sable le stoppa dans son action.
Il n’y avait plus personne avec lui. Que cela pouvait-il bien être ?

Son cœur s’accéléra. Les yeux plissés, il tendit le cou pour essayer d’apercevoir un détail dans le noir.
Rien.

Puis il lui sembla entrevoir comme des cheveux dressés sur la tête d’une bête de près de deux mètres de haut.
Son sang ne fit qu’un tour.
Il abandonna tout ce qu’il avait pour se mettre à courir & fuir le monstre qui le menaçait.

Il aurait donné tout ce qu’il avait à cet instant précis pour recouvrer la voix, mais tout ce qu’il avait, c’était rien & seules ses jambes pourraient le sauver.
Il tenta toutefois de taper dans ses mains, de siffler, mais sa course affolée rendait ses appels au secours stériles.
Derrière lui, le monstre le rattrapait inexorablement.
Il sentait son souffle derrière lui, tout près.
Il jouait avec lui.

Puis il trébucha.

La poussée d’adrénaline était si forte qu’il ne sentit pas le premier coup de lame le blesser. Le deuxième coup lui fit comme un picotement. Le troisième fut le plus douloureux, celui qui lui fit prendre conscience qu’il assistait là à ses derniers instants, impuissant.
Incapable de réagir, il se faisait poignarder inlassablement.
Il encaissait les coups, sans broncher.

S’il avait pris le temps de les compter, avant de s’endormir pour le repos éternel, il serait arrivé à quarante-deux coups de poignards.
Mais cela n’avait plus d’importance.

*******


Le campement était composé d’une dizaine de tentes.
Disposées en cercle, elles formaient une sorte d’enclos au bétail qui dormait en son centre. Une petite tranchée, de quelques centimètres seulement, avait été creusée & enflammé tout autour du bivouac.
Ce sont ces flammes qu’ils avaient aperçues au loin. Elles permettaient sûrement de maintenir un peu de chaleur au camp tout en repoussant les éventuelles bêtes hostiles.

Les premiers à arriver sur les lieux s’arrêtèrent à une trentaine de mètres.
Tout était calme. Personne en vue.
Les gens du campement, comme leurs bêtes, dormaient paisiblement.
La gamine, suivie du grand blond, du rouquin & de l’archère contournèrent alors l’endroit par la droite.

A un endroit, les flammes s’arrêtaient, formant une entrée dans l’enceinte, gardée par deux hommes assis & enveloppés dans des couvertures.
A leur approche, l’un d’eux se leva, lance en avant.


_ Qui va là ? fit-il d’un ton qui ne semblait pas très dissuasif.
_ Nous sommes des voyageurs, répondit tout en s’avançant la femme qui tenait son arc à la main.
_ Qu’est-ce que vous faites ici ?
_ Nous sommes perdus. On a vu votre lumière alors … nous sommes venus.
_ & qu’est-ce que vous voulez ?
_ Rien ! Intervint la jeune fille. On veut juste se reposer.


L’arrivée au compte-goutte des autres membres de la compagnie inquiétèrent les gardes. Le second lança un appel en direction des tentes.

Quelques instants plus tard, trois autres hommes armés faisaient face à la troupe, quasi complète.

Le nain tenta alors de prendre en main la discussion, mais très vite il fut écarté par celui semblait être le chef de la tribu.
Celui-ci s’avança alors vers le grand guerrier noir.
A son grand étonnement & celui de ses compagnons.


_ C’est moi le chef ! C’est moi qui décide, pas lui, s’offusqua le petit homme en montrant du doigt le nègre. Lui c’est mon esclave !
_ Les gens qui n’ont d’important que leur apparence ne m’intéressent pas, lui répondit alors sèchement son homologue.


Puis il questionna longuement l’homme de couleur sous les regards silencieux des gardes & voyageurs.
Les raisons de leur passage, leurs intentions, leurs motifs, leur histoire, etc ...

Après un temps de réflexion, il jugea acceptable de les laisser entrer dans le campement pour qu’ils puissent s’y reposer.
Les femmes & l’homme de couleur pourraient même s’abriter devant sa tente, les autres pourront trouver chaleur & confort auprès des bêtes dociles. Ce qui n’était pas du tout du goût du nain & de son ami qui, si l’héritière du comte n’était pas intervenue, n’auraient pas manqué d’exprimer leur mécontentement.

C’est donc, avec plus ou moins de fortune, que tous allèrent se reposer.

*******


La mauvaise humeur empêchait l’homme de petite taille de dormir & le manque de sommeil ne faisait qu’accroître sa mauvaise humeur.
Toute la nuit, il rumina ses états d’âme. Rabâchant aux oreilles de son ami toute sa frustration.
Celui-ci n’avait aucune peine à compatir, mais il souffrait quand même de ne pas pouvoir dormir.

*******


La clarté du jour fit alors son entrée.
Une jeune femme nomade fut la première réveillée. Elle s’attela alors, près du troupeau, à faire chauffer de l’eau.
Non loin de là, qu’elle ne fut pas sa surprise d’apercevoir un étranger dormir appuyé contre un des chameaux.
Mais sans aucune peur, elle s’approcha de lui. Sa chevelure, sa peau, son visage. Il la fascinait.
Inquiète, elle se mit à scruter chaque endroit du campement.
Personne.

Elle se mit alors à l’embrasser frénétiquement. Ses mains, ses bras, ses cheveux, son visage, sa bouche.
Il dormait toujours.
Prise d’une pulsion soudaine, sans prendre la moindre précaution, elle releva sa robe, dégrafa son corsage & entreprit de le chevaucher, ce qui ne manqua alors pas de le réveiller.
Elle posa ses lèvres contre les siennes, comme pour le bâillonner.
L’effet de surprise l’empêcha de réagir quand soudain elle se releva d’un coup.
Une autre femme venait de l’interpeller depuis sa tente, visiblement furieuse.

La fille se mit à courir à sa poursuite, tout en se rapprêtant & en criant.
Une partie du campement fut alors réveillé.
L’archère croisa le regard du jeune homme encore perturbé par ce qui venait de se passer & alla le rejoindre afin de comprendre la situation.

Quelques instants plus tard, le chef sorti de sa tente sous laquelle les deux femmes avaient disparu.
Visiblement furieux, il se dirigea vers le jeune homme en le pointant du doigt d’une façon menaçante.
Les deux femmes le suivaient de près, l’une le suppliant, l’autre l’enhardissant.
Le reste du campement se réveilla.

Arrivé à hauteur du rouquin, il le défia du regard & articula calmement :


_ Tu as sali ma fille … Tu vas mourir.
_ Jamais ! s’interposa la fille à qui le jeune homme tentait d’expliquer les faits.


Tout d’abord surpris, il plongea alors son regard dans celui de cette courageuse courageuse femme qui osait lui tenir tête, mais bien trop téméraire à son goût.
La gorge nouée, elle continuait à soutenir son regard, tentant d’anticiper ce qui pourrait bien suivre & d’y trouver rapidement une solution.
Mais, à son grand étonnement, c’est tout aussi calmement qu’il ajouta :


_ Toi aussi.


Le chapitre onze a écrit:
En disant cela, il lui avait enfoncé sa dague dans le bas-ventre.
Il avait patiemment & délicatement saisi l’arme qu’il dissimulait sous sa grande robe blanche.
Personne, pas même la jeune femme, n’avait vu le coup venir.


_ Nooooooon ! hurla l’homme roux en se relevant.


Il rattrapa dans ses bras la jeune femme qui s’effondrait.
La jeune nomade accrocha le bras de son père qui s’apprêtait à assainir un nouveau coup sur l’homme aux cheveux rouges.
Elle l’implorait de toute sa voix.

L’archère dans les bras, l’homme accusé par le patriarche s’écroula en hurlant sa douleur.
Ne se souciant plus de ce qui se passait autour de lui, il prit dans ses mains le visage de celle qu’il avait contemplé il n’y a si longtemps encore. Il l’implora de rester en vie.
Posant ses lèvres sur sa bouche pour l’encourager à se battre.
Mais en vain, elle se mourrait.

Débarrassé de sa fille par l’autre femme qui le suivait, l’homme à la dague ordonna à celui qui hurlait sa douleur à ses pieds de se lever.
Celui-ci ne réagissant pas, le chef de la tribu haussa le ton.
Quand le jeune homme leva ses yeux embrouillés de larmes vers lui, il ne vit que la dague s’abattre dans son cou.

*******


Autour d’eux, tout s’activa très vite.

D’abord spectateurs, les croisés comme les nomades avaient observé la scène de loin.
Puis, quand l’archère s’écroula, certains réagirent vivement.
Le petit barbu saisi sa hache appuyée contre un chameau.
Un gardien nomade comprenant son intention envoya aussitôt sa lance dans sa direction.
Il n’atteignit que le chameau qui n’avait rien demandé. Son blatèrement de douleur fit écho à celui du rouquin.

Voyant la tournure que prenaient les évènements, le nain tenta de se cacher au milieu du troupeau alors que son ami se jetait à corps perdu sur le chef de la tribu.
Celui-ci évita son coup de hache de justesse.
Mais, déséquilibré, il tomba à terre & ne pu éviter le second coup que son adversaire lui asséna avec justesse & précision au milieu du torse.

Les cris des femmes se mêlèrent alors aux cris de guerre des hommes en armes.
Toute discussion & négociation semblaient désormais totalement superflues.
Les chameaux s’affolèrent & se mirent à courir dans tous les sens, ajoutant un peu plus à la confusion.

Les nomades étaient à peine un peu plus nombreux qu’eux, mais la plupart étaient des femmes & des enfants effrayés.

Le vieux militaire & sa fille restèrent soudés, se limitant à défendre & éliminer tous ceux qui s’en prenaient à eux avec une efficacité redoutable.
D’abord hésitant, le grand guerrier aux cheveux crépus se lança dans la bataille, un peu à contrecœur, mais forcé par deux gardiens armés qui se jetèrent simultanément sur lui, lances en avant.
Le manieur de hache était enhardi par son premier coup d’éclat. Dans sa fureur, il ne faisait plus de distinction entre hommes, femmes & enfants. Tous ceux qui croisaient son chemin tombaient sous sa hache.
Secondé par un guerrier blond tout heureux de manier l’épée auprès d’une arme aussi destructrice.

A quelques pas du chameau meurtri, le marin, ne maniant pas aussi bien l’épée, encourageait ses amis à distance, évitant autant que possible le conflit.
Le gardien qui avait perdu sa lance s’apprêtait à la récupérer. Comprenant qu’il était désarmé, l’homme en marinière profita de sa vulnérabilité pour l’éliminer.
Malgré tout, même armé face à un homme mains nues, il se fit une frayeur & eut toutes les peines du monde pour en venir à bout.

La bataille ne dura pas plus d’un quart d’heure.
Ils avaient gagné.
Mais ils avaient perdu deux membres du groupe dans le combat.
Morts de façon totalement stupide.

Le campement était partiellement dévasté.
Dans l’agitation, les chameaux s’étaient enfuis.
Le nain avait failli se faire piétiner & ils avaient fait s’écrouler trois tentes. La toile de l’une d’elles avait échouée sur les quelques flammes qui subsistaient encore autour du camp, s’enflammant du même coup & se propageant à la tente voisine.

L’héritière du comte Von Nabis & la belle blonde manquaient aussi à l’appel.

La jeune fille les retrouva dans la tente du chef, c’est là qu’elle les avait vu se réfugier au début de la bataille.
Elle s’approcha de la plus âgée qui était recroquevillée sur elle-même, blessée à de nombreux endroits.
Elle baignait dans une marre de sang, un poignard souillé à la main & le corps d’une servante à côté d’elle.

Plus loin, dans le fond, deux corps gisaient l’un sur l’autre.
Le nain reconnu aussitôt son amie blonde, inanimée, sous le corps d’une autre servante.


_ Il ne faut pas traîner ici, ordonna d’une voix autoritaire le vieux militaire.
_ Mais comment on va faire ? demanda le petit homme choqué.
_ Elle est morte, répondit la femme hébétée.
_ Allez ! insista le barbu. Prenons tous ce qu’on peut emporter & filons.


*******


Dehors, les autres avaient déjà commencé à regrouper des vivres & un peu de matériel.
Le feu se propageait rapidement.
Le marin revint avec deux chameaux qui n’étaient pas allés bien loin. Les autres avaient disparu.

Rapidement, ils chargèrent l’un d’eux au maximum & placèrent la femme blessée sur le second.
Le soleil commençait à prodiguer sa chaleur.
Ils se mirent en marche.
Dernier à quitter les lieux, le nain pestait contre tout & tout le monde, sans discontinuer.


Le chapitre douze a écrit:
Le soleil était au zénith.
Il faisait chaud, le vent soufflait fort. Le sable brûlait sous leurs pieds.
Il fallait trouver un abri au plus vite.
Mais où ?
Le désert s’étendait à perte de vue.

Au loin, un étrange bruit se fit entendre, comme un ronronnement.
Un ronronnement qui ne ressemblait en réalité à aucun autre.
Il leur était inconnu.

Ils continuaient à avancer.
Mais plus ils avançaient, plus ce bruit se rapprochait. Jusqu’à en devenir menaçant.

L’inquiétude montait au sein du groupe.
Ce bruit lancinant qui grossissait, qui grossissait.
Certains commencèrent vraiment à avoir peur, s’attendant à voir surgir à tout moment un monstre venu de nulle part ou une horde de sauvages venir se venger.

C’est ce qui arriva quelques instants plus tard.

Dans un vacarme assourdissant, surgissant du sommet de la dune, un monstre géant s’envola au-dessus de leurs têtes.
C’était une bête à la peau jaune & au dessous du corps noir.
Ses pattes étaient rondes & noires & elle avait comme une corne plate sur le haut de sa tête.
Elle crachait derrière elle une fumée noire & épaisse mêlée au sable qu’elle venait de fouler.
Puis elle s’écrasa lourdement sur le sol, près d’eux, avant de poursuivre sa route, sans se soucier de leur présence.

Sur le chameau, la plus âgée des femmes s’était évanouie.

Après son passage, tous furent soulagés de ne pas avoir eu à défier la bête.
L’un d’eux remarqua qu’elle avait une grosse marque sur le flanc, entourée de nombreux tatouages. Comme si elle avait été marquée au fer blanc, mais pas vraiment, c’était étrange.
L’inscription était un chiffre.

« 205 ».

Se pourrait-il qu’il existe un troupeau comprenant autant de bête de cette race ?
Cette idée en fit pâlir plus d’un & si c’était bien le cas, il fallait redoubler de vigilance.

La jeune s’écarta du groupe, à la poursuite du monstre.
Son père tenta de la rattraper, mais elle était bien trop rapide.

Finalement, elle revint quelques instants plus tard. Il lui avait bien semblé que la bête avait perdu quelque chose. En effet, dans sa main, elle tenait un trophée !
Cela ressemblait à un bout de papier. Tout visqueux, il lui collait à la main.
En le regardant plus attentivement, elle pu y lire une inscription.

« Ari Vatanen - Bernard Giroux ».

Qu’est-ce que cela pouvait-il bien dire ?
Nul ne le savait & tous s’accordèrent pour dire qu’il valait peut-être mieux ne pas le savoir.
Ne plus y penser.

*******


_ Regardez ! Là-bas ! s’exclama soudainement la jeune fille en pointant l’horizon du doigt.


Les réserves d’eau quasi épuisées, une partie de leur matériel abandonné, l’épuisement à son extrême, le moral dans les chaussettes, la seule note d’espoir à quoi ils pouvaient se raccrocher était la chaleur qui commençait à décroître. Voilà la situation dans laquelle ils se trouvaient à ce moment-là, après trois heures de marches ininterrompue.

L’endroit indiqué était une dune tachetée de points noirs.

Difficile de voir de là où ils se trouvaient ce que pouvaient bien être ces tâches sombres.
La dune se trouvait face à eux. La méfiance préconiserait de faire un détour, mais cela impliquait de fait de devoir rallonger encore un peu plus leur croisade.
Ils n’y survivraient pas. Ils avancèrent donc.

Alors qu’ils atteignaient péniblement le sommet d’une dune, ils découvrirent ce qui formait ces fameuses tâches noires.
Des barbus.

Ils étaient encore très loin pour les distinguer correctement, mais l’un d’eux était allongé en contrebas, à une cinquantaine de pas.
Quelques autres, parsemés un peu plus loin, étaient également étendus dans le sable, mais des centaines d’autres se trouvaient sur la dune en face & bien plus loin encore, à perte de vue.


_ Ils sont morts ? interrogea l’héritière du comte du haut de son chameau.
_ Nooooon. Ils font la sieste, ironisa le nain d’un ton sec. Bien sûr qu’ils sont morts !
_ Mais comment ?
_ J’imagine qu’ils nous ont suivi en continuant tout droit, supposa le petit homme. Puis, quand on a … Oh mon Dieu ! se coupa-t-il lui-même. Mais on a vraiment eu de la chance d’avoir dévié de notre route. Ils nous on doublé en allant tout droit & … & c’est là qu’ils l’auraient tué ? fit-il en pensant au muet.
_ & ils nous auraient épargné pour venir mourir de soif ici ? conclu dubitativement le guerrier noir.
_ Je n’en ai pas la moindre idée, répondit l’ancien militaire. Mais cela ne me dit rien qui vaille.
_ Où tu vas ? demanda la femme sur la bête à l’attention du grand blond qui s’avançait vers le cadavre du barbu.
_ Oh ! Hé ! C’est bon, il est mort, il va pas me manger. Je vais juste voir ce qui lui est arrivé.


*******


_ Courez ! Courez ! hurla le nain terrifié.


En se penchant sur le corps du barbu, le grand blond eu la dernière frayeur de sa vie.
Une frayeur qui s’ensuivit d’une longue agonie.

Comme il retournait le cadavre, une bestiole minuscule, noire & hideuse se jeta sur sa poitrine dénudée & s’y agrippa pour ne plus jamais le lâcher.
Elle ne faisait pas plus de quinze centimètres & possédait, sous son abdomen anormalement dilaté, un dard qui vint se planter dans sa chair.
La piqûre lui arracha un cri de douleur & le venin l’anesthésia progressivement.
Il se débattait furieusement, tentant de l’arracher à sa proie, à lui-même, mais c’était peine perdue. La saisissant à pleine main, il cru voir un instant du plaisir dans ses yeux, ainsi qu’un sourire diabolique qui s’élargit doucement, dévoilant de minuscules dents acérées, avant de le mordre à pleine bouche.
Au même instant, une deuxième bestiole se jetait sur sa jambe.

Instinctivement, ses jambes tentèrent de fuir.
Mais il s’écroula, paralysé.
Jetant un regard de désespoir vers ses amis, il ne vit, au sommet de la dune, personne venir à son secours.
Pire ! Ils fuyaient.

Alors il comprit.

Seule l’héritière du comte Von Nabis restait là, à le regarder.
Souffrant son impuissance.

Quand le chameau disparu derrière la dune, le guerrier aux cheveux d’or saisi péniblement son poignard.
Sereinement & sans trembler, il le planta dans la créature qui le dévorait & l’enfonça courageusement encore plus loin dans son torse, perdant du même coup connaissance.


Le chapitre treize a écrit:
Ils avaient couru jusqu’à en perdre haleine. Sans se retourner. En ordre dispersé. Encore une fois.

Partie la dernière, sur son chameau, l’héritière avait rattrapé & dépassé les autres sans la moindre compassion.
D’abord le gros barbu qui traînait la patte & qui suait à grosses gouttes.
Puis le nain, qui trouva quand même l’énergie nécessaire pour l’injurier allègrement.
La jeune fille & son père venaient ensuite. Malgré son passif militaire, le vieil homme avait ses limites & courir sous le soleil n’était plus vraiment de son âge. Heureusement pour lui, sa fille le soutenait patiemment.
Affolé & un peu perdu, le marin zigzaguait sans réfléchir, tandis que le grand africain, lui, traçait tout droit.

*******


Loin du danger, au sommet d’une dune, la riche dame regardait du haut de son destrier le soleil décroître doucement.
Au loin, un petit carré de verdure lui redonnait espoir.
L’homme noir arriva à sa hauteur.


_ Vous voyez ce que je vois ? Rassurez-moi, ce n’est pas un mirage ?
_ Oh non ! C’est bien réel. Je pense même pouvoir vous affirmer que c’est l’étang du Dédégah.
_ Attendez ! Il y a déjà quelqu’un, s’inquiéta la femme voyant son camarade partir à grandes enjambées.
_ & alors ? Il est seul, vous croyez qu’il me fait peur.
_ Je vous rappelle que vous avez été recruté pour me protéger !
_ Justement ! Je pars en éclaireur pour nettoyer la zone, répondit-il avec un large sourire.


Regardant craintivement l’homme s’éloigner, elle observa sa progression.
L’oasis se trouvait dans un creux, partiellement arborée & fleurie.
Elle s’y sentirait tellement bien tant elle paraît douce & agréable.
Mais après tant de déconvenues, mieux valait rester prudente.

*******


_ Quelle équipe de branquignoles !
_ C’est sûr. Mais c’est bientôt fini.
_ Ce serait bien. L’étang du Dédégah marque bien la frontière du désert avec le Sud, c’est sûr ?
_ Tout à fait. C’est pour ça que je pense qu’on n’est plus très loin du village.
_ Bien. Je vais pouvoir en finir avec cette histoire.
_ Moi aussi. Une nouvelle vie & la richesse me tendent les bras.


*******


L’inconnu de l’oasis ne semblait pas hostile, le grand black discutait tranquillement avec lui.
La femme brune lança alors sa monture en direction de l’oasis.
Derrière eux, la jeune fille soutenant son père cria de joie.
Ayant reçu son approbation, lui promettant de lui ramener rapidement de l’eau, elle se lança à corps perdu dans la pente.
A proximité du chameau qui venait de s’arrêter, sa cavalière l’interpella.


_ Attend ! C’est un piège.
_ Un piège ? répéta la gamine surprise. Mais non, tout va bien.
_ Cet homme ne me dit rien qui vaille.
_ Allons, il est seul, lui répondit-elle elle aussi. Qu’est-ce qu’il pourrait bien nous faire ?


Entraînant le chameau à sa suite, elles arrivèrent toutes les deux à l’ombre des palmiers.
La plus jeune se rua aussitôt vers le point d’eau. Saluant à peine l’inconnu.


_ Vous ? souffla la femme aussi furieuse que surprise sans descendre de sa monture.
_ Moi, répondit-il posément.


Quand la jeune fille eut fini de se désaltérer, elle remplit sa gourde pour l’apporter à son père.
Mais celui-ci arriva avec le nain à ses côtés. Tout deux visiblement très soulagés.

La présence de cet homme seul dans le désert les surprit, mais tous s’inquiétèrent surtout de l’absence du petit homme bourru & du marin.

L’homme à la hache fit enfin son apparition & arriva à rejoindre l’étang dans un état d’épuisement total.

Entre chien & loup, ils étaient toujours sans nouvelles du marin.
Le barbu suggéra que, comme c’est lui qui conduisait le deuxième chameau, il en aurait profité pour leur fausser compagnie.
Le nain, réalisant alors que la quasi totalité de ses richesses se trouvait sur ce chameau, entra dans une rage folle & ce malgré la fatigue.

Partir à sa recherche, ou à sa poursuite selon le point de vue, était bien trop risqué.
Ils étaient épuisés, ils pouvaient se perdre &, s’il était allé directement au village, ils le retrouveraient ou alors ils pouvaient toujours espérer qu'il les rejoindrait à l’oasis tout simplement.

*******


_ Une chance pour vous, je les avais conservés sur moi ! Mais vous avez raison, c’est plus prudent ainsi. Je les ai faits en double. Un pour vous & un pour moi ... on ne sait jamais.
_ Non. Donnez-moi plutôt le vôtre. "On ne sait jamais" comme vous dites.


Le crépuscule s’était assombri cruellement, la nuit était noire & profonde.
Le marin avait disparu.

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MessagePosté le: 12 Déc 2017, 18:08    Sujet du message: Répondre en citant

PARTIE V
- L'héritage du comte Von Nabis -


Le chapitre quatorze a écrit:
Depuis qu’elle l’avait aperçu, elle ne l’avait pas quitté des yeux. Lui non plus.

Ils se regardaient en chien de faïence, sans se dire un mot.
Même lorsqu’elle s’était éloignée un instant avec son petit associé, elle avait fait en sorte de toujours avoir un œil sur sa silhouette.
Elle aurait voulu évoquer ses craintes avec le nain, lui dire de rester sur ses gardes, de se méfier.

Mais elle hésitait.
Beaucoup trop méfiante elle-même, envers tout le monde.

Elle pensait devenir folle dans sa tête.
Mais pas de panique se disait-elle.
Elle venait de faire une grande avancée vers son but, vers la richesse, ce n’était pas le moment de flancher.
Pour l’heure, elle était saine & sauve & un héritage à portée de main.
Le reste, elle verrait plus tard.

La nuit porte conseil dit-on.

*******


_ & donc vous n’êtes pas du coin ? tentait de s’informer l’ancien militaire.
_ Malheureusement non, répondit l’inconnu. Je suis aussi perdu que vous.


Assis autour d’un feu de camp, soulagés d’avoir trouvé refuge dans cet oasis, les membres de la petite communauté discutaient sereinement.
L’idée d’en finir très vite avec ce calvaire leur redonnait un peu de baume au cœur.


_ Votre ami m’a dit que nous ne devions plus être très loin d’un des petits villages du Sud, reprit l’étranger en désignant le grand basané du doigt.
_ Je pense oui. A ce qu’on dit, il y fait bon vivre. J’espère que c’est vrai. Vous allez là-bas vous aussi ?
_ Oui. Où pourrait-on aller ailleurs ? fit-il d’un ton laconique. Les barbus ont tout ravagé. Du Nord jusqu’ici. Même la cité impériale est tombée, enfin je crois.


A ces mots, tous tombèrent sous le choc.

C’est vrai qu’ils se doutaient que les barbus avaient relancé une offensive la nuit de leur départ à cause de la corne qui avait résonné toute la nuit, mais de là à faire tomber la citadelle fortifiée, ils peinaient à y croire.
L’homme fut donc prié de leur raconter tout ce qu’il savait de cette bataille.
Ce qu’il avec une certaine amertume.

A la fin de son récit, il maudit le fou qui avait commis l’irréparable, qui avait réveillé la colère des barbus. Ou même la folle, car une telle infamie semblait plus être l’apanage d’une femme selon ses dires.
Jurant de lui faire subir les pires atrocités pour venger toutes les victimes de son inconscience.

Il se faisait tard.

Ils n’étaient pas encore sauvés & plus personne ne trouvait de mots à exprimer après une telle histoire.
Ils se couchèrent, dans l’espoir de jours meilleurs à venir.

*******


La nuit était sombre & froide.
Silencieuse & mortelle.

Les dernières braises qui rougeoyaient émettaient une très faible lueur autour d’elles. Ne permettant de rien voir, sinon les quelques vagues silhouettes endormies & toutes proches.

Un froissement ...
Un grognement ...

Le silence ...

Un craquement ...

Le silence ...

Un bruit de pas ...
Un froissement ...

Le silence ...

La nuit était reine.

*******


Le soleil, roi du jour dans le désert, fit son apparition.

S’ils ne voulaient pas revivre une journée d’enfer sous ses rayons, il fallait vite se remettre en chemin.

Le vieillard remballa ses maigres affaires, puis réveilla sa fille qui l'imita rapidement.
L’inconnu se réveilla à son tour. Il n’avait presque rien à ranger & alla se désaltérer. Il revint auprès des autres, son casque panaché de rouge visé sur la tête.
L’ancien capitaine de la « Fleur des Astres » n’avait pas reparu.
Le nain & son ami dormaient toujours. Il fallut les réveiller à coups de bottes.
La descendante du comte Von Nabis aussi, mais ils y allèrent plus délicatement.

Seulement, elle ne se réveillait pas.

L’africain la saisit à pleines mains & la secoua rudement, sans plus de succès.
Glacée, elle ne respirait plus.

Etait-elle morte de froid ? De fatigue ? D’un arrêt cardiaque ?

Comment pouvait-elle mourir comme ça, si près du but ?

Comment allaient-ils toucher leur solde si elle n’était plus là pour toucher l’héritage ?

Comment tant de mésaventures étaient possible ?

Ils restèrent un moment stupéfaits.

Ne pouvant plus rien pour elle, ils quittèrent les lieux pour rejoindre le sud.

*******


_ Ils n’y ont vu que du feu. Mais comment tu as fait ?


Plaçant ses mains devant lui comme s’il tenait un ballon, il les fit pivoter d’un coup sec en émettant un léger son de sa voix.

_ Crac !


Le chapitre quinze a écrit:
Avant de quitter l’étang du Dédégah, ils firent le tri dans leurs affaires.

Malgré les objections du nabot, c’est la jeune fille qui s’occupa de celles de la défunte héritière.
Elle récupéra rapidement tout ce qui pouvait lui être utile & abandonna le reste.
Alors qu’elle allait rejoindre les autres, elle aperçu un bracelet à son poignée.
Comme le nain la regardait de loin, elle usa de toute sa ruse & de son adresse pour le prendre & le glisser dans une de ses poches.
Comme il n’avait visiblement rien remarqué, elle entreprit de récupérer tout ce qu’elle pouvait & qui avait de la valeur.
Elle s’apprêtait à laisser de côté une feuille de papier sortie d’une doublure de la robe, mais, par acquis de conscience, elle jeta rapidement un œil à l’en-tête.
Le sourire aux lèvres, elle le plia finalement soigneusement & le glissa délicatement contre sa poitrine, sous ses vêtements.

Satisfaite, elle avait rejoint le groupe pour le départ.

*******


Loin, très loin, des ombres planaient au-dessus d’un homme allongé dans le sable.
Habitué à naviguer sur les eaux, il ne réclamait pourtant plus à boire.
Le chameau qui attendait à ses côtés se leva & s’en alla.
Le repas était cuit à point pour les charognards qui guettaient leur proie.

*******


Depuis qu’ils avaient repris leur périple, rien n’avait vraiment changé dans le paysage.
Les dunes de sable se succédaient les unes après les autres.
La chaleur grimpait tout doucement, péniblement.
Mais ils s’y étaient un peu habitués & il semblait faire un peu moins chaud que les jours précédents, signes qu’ils avaient du quitter le cœur de l’Espoir Dés, ce terrible désert tant redouté qu’ils s’apprêtaient à dompter.

C’est donc avec beaucoup d’impatience & de satisfaction qu’ils avançaient, se laissant aller à discuter tranquillement de choses légères & futiles. Chacun racontant une blague ou une anecdote personnelle.
L’ambiance était bonne & optimiste.
Pourtant, on pouvait sentir comme une sorte de tension sous-jacente, une nervosité inexplicable. Comme si toute cette bonhomie n’était que façade.

Dans le creux d’une dune, ils avaient fait un grand trou dans le sable pour se poser plus ou moins au frais & manger un morceau.
Là, la discussion dévia alors tout doucement vers les récents évènements.


_ Vous voulez dire que vous avez quitté la cité impériale à quinze & qu’il ne reste plus que vous cinq ? analysa incrédule le nouveau membre de l’équipe.
_ Hélas ! Oui, confirma le nain. Mais il faut dire que nous avons beaucoup joué de malchance.
_ Enfin, ils n’étaient que treize au départ, corrigea l’ancien militaire. C’est ça qui nous a porté malheur. Parce que si nous n’avions pas insisté pour les rejoindre, ils nous auraient laissé crever là-bas.
_ Là-bas ou ici, il faut bien mourir un jour, plaisanta le grand black.
_ Sauf que jusqu’à preuve du contraire, on est toujours en vie, nous, objecta la jeune fille.
_ Justement ! intervint le petit barbu. Qu’est-ce qui nous dit que ce n’est pas de votre faute ? Hein ?
_ Non mais oh ! traitez-nous d’assassins aussi tant que vous y êtes ! s’enflamma le père.


Sentant la tension monter dans le groupe, l’homme au casque panaché tenta maladroitement de calmer la situation, mais il s’en fut de peu que l’altercation en vienne aux mains.

Après la pause, le groupe se sépara en trois.
La bonne humeur matinale était déjà loin derrière.

*******


_ Regarde ce que j’ai trouvé. Avec ça, on pourra faire tout ce qu’on veut. On pourra s’offrir la plus belle maison du village.
_ Allons. Allons. Ne t’emballe pas. Arrivons d’abord au village & après nous aviserons.


*******


_ Comment est-ce que tu comptes t’y prendre ? Tu t’occupes des deux affreux & moi des deux autres ?
_ Non, non. J’ai eu ce que je voulais, les autres en m’ont rien fait.
_ Mais enfin ! Déconne pas ! On peut se faire un max de pognon !


*******


_ Je suis sûr que c’est elle qui l’a récupéré. Cette petite peste veut nous doubler.
_ On n’a qu’à les neutraliser.
_ & comment ? Tu m’as déjà vu me battre, moi ?
_ Allez ! Ca va, c’est qu’une gamine & en plus c’est nous qui avons le chameau.


*******


Enfin !
Enfin la fin de l’enfer.
Ils apercevaient enfin un peu de végétation.

Plus qu’un soulagement, c’était une libération.

C’est ce moment-là que choisirent les deux complices pour mettre leur plan à exécution.

Arrivé à hauteur du père & de sa fille, le nain poussa la gamine dans le sable & se jeta sur elle sa ceinture entre les mains pour tenter de l’étrangler.
Au même instant, perché sur le chameau, son ami barbu donnait un coup de hache dans le dos du militaire qui s’effondra d’un coup. Un coup fatal qui ne lui laissa aucune chance.


_ Où tu l’as mis !? baragouinait le nabot en serrant aussi fort que possible sa ceinture autour du coup de sa victime qui se débattait comme une furie.


Donnant un bon coup de coude où il faut, son agresseur relâcha son étreinte & elle pu se libérer. Dégainant un couteau, elle fut à nouveau projetée à terre par un violent coup de pied dans le dos que lui asséna le teigneux à dos de chameau.

_ Laisse tomber bougre d’âne ! Filons ! l’invectiva l’homme à la hache.


Marchant en retrait & réalisant ce qui était en train de se passer, l’homme au casque panaché & l’africain accoururent aussitôt, arme à la main.
Une fois hissé maladroitement & sans ménagement sur le dos du chameau, les deux compères détalèrent aussitôt.

Les deux autres aventuriers arrièrent trop tard.
La jeune fille se releva, son père gisant à ses pieds.

Courant vainement à leur poursuite, elle lança son couteau de rage dans le fessier de l’animal qui blatéra de douleur & accéléra sa course.


Le chapitre seize a écrit:
Le corps de son père dans les bras, la jeune fille était en larmes.
Elle maudissait les deux salopards qui avaient assassiné son père.

L’homme à la peau mâte & son compagnon ne comprenaient pas ce qui s’était passé.
Qu’est-ce qui avait bien pu traverser l’esprit de ces deux êtres abominables. Ils se posaient des tas de questions, mais la gamine ne répondait pas & ils ne pouvaient que constater les dégâts, impuissants.

Celui qui portait un casque s’accroupit à côté d’elle.


_ On va t’aider à venger ton père.


*******


Grand & fort, l’africain portait le corps de l’ancien militaire sur son dos.
La fille ne pouvait se résoudre à abandonner son père aux charognards.
L’herbe était un peu sèche, mais la végétation abondait.
Après cette croisade dans le désert, goûter à nouveau à la nature était une délivrance.
Bien que très triste, l’orpheline était soulagée.

Ils s’arrêtèrent à la première maison du village.
Là, ils demandèrent l’hospitalité, ce qu’une vieille dame leur offrit sans hésitation, malgré ses craintes en apercevant le défunt.
Ils posèrent le corps dans une salle fraîche & se désaltérèrent à l’excès.
Tout en remerciant la vieille dame qui était seule, ils se renseignèrent sur le village & demandèrent si elle n’avait pas vu passer un chameau avec deux petits hommes dessus.
Comment aurait-elle pu ne pas voir un spectacle pareil !?
Ils ne s’étaient pas arrêtés & avaient couru au plus pressé au centre du village.
Il serait facile de les retrouver, le bourg n’était pas bien grand.

*******


_ Pourquoi tu ne l’as pas tué ? s’emportait le barbu.
_ Hé ! Je voulais qu’elle me donne les papiers, pardi !
_ Mais on s’en fout, tu le prenais & on partait.
_ & comment je fais si je ne sais pas où elle les a caché ?

Les deux fuyards s’engueulaient à qui mieux-mieux sur le dos de leur chameau.

Très vite ils arrivèrent dans un petit village.
Sans s’attarder à du tourisme, ils se dirigèrent directement au cœur de celui-ci.
La plus grosse maison au centre de la bourgade devait certainement être celle de la personne la plus influente ici.
Le nain ordonna à son ami de l’attendre devant l’entrée avec le chameau.
Il tenterait de faire au plus vite &, si leurs anciens compagnons de route arrivaient, il viendrait aussitôt le prévenir.

*******


Sans s’encombrer des formalités d’usages, il entra dans la riche maison comme si c’était la sienne.
Cherchant âme qui vive, il passa de pièce en pièce jusqu’à ce qu’il trouve enfin le propriétaire des lieux, visiblement étonné de voir un étranger dans sa maison, qui plus est un nain.
Celui-ci alla droit au but.


_ Qui est-ce qui s’occupe de la direction de ce patelin ici !? demanda-t-il s’en ambages.
_ Euh ! ... C’est moi, peut-être. Enfin, ça dépend, je crois. Oui, répondit décontenancé l’homme qui lui faisait face.
_ C’est vous ou c’est pas vous !? s’énerva le petit faussaire. Je viens récupérer mon héritage !
_ Votre héritage ?
_ Oui. Je suis l’unique héritier du comte Von Nabis. Tenez ! fit-il en lui tendant le testament qu’il avait falsifié.
_ Oh ! s’étonna l’autochtone. Je ne m’attendais pas … enfin, il ne m’avait jamais parlé …
_ D’un nain ? & bien si. Tadan ! fanfaronna le nabot en écartant les bras de façon théâtrale. Vous ne me croyez pas ? Regardez, c’est un vrai. Il est marqué du sceau impérial. Allez ! Ne perdons pas de temps.
_ Oui, oui. Je vois, je vois. Bien, mais laissez-moi le temps d’aller retrouver les documents.


Le petit homme acquiesça, mais l’impatience se lisait sur son visage.

*******


Cela faisait un moment déjà qu’il attendait devant la maison.
Les gens qui le croisaient le regardaient d’un air moqueur. Il faut dire qu’un petit homme trapu & barbu avec un chameau de nomade était un tableau assez incongru.
La nervosité se lisait sur son visage. De temps en temps, il allait jeter un œil à l’intérieur de la maison.
C’est ainsi qu’il ne remarqua pas l’arrivée de deux hommes près de lui.

Quand il se retourna, sentant leur présence près de lui, il eut à peine le temps de soulever sa hache pour la laisser retomber sur le sol, que déjà deux glaives & un couteau l’avaient transpercé.

Ils le saisirent avant qu’il ne tombe parterre & le portèrent à l’intérieur. Là, ils le dissimulèrent dans un coin.

La jeune fille qui avait suivi la scène de loin les y rejoint aussitôt.

*******


Avec deux hommes de main comme ceux-là, sa vengeance serait vite faite.
Il ne lui resterait plus qu’à devenir riche.


L'épilogue a écrit:
Quand ils trouvèrent le nain, celui-ci se trouvait seul dans la pièce.
A la vue du trio, il blêmit de peur.


_ Co ... comment vous avez fait pour ... pour rentrer ?bégaya-t-il paniqué.
_ A ton avis ? Crétin. Par la porte, ironisa l’homme au casque panaché.
_ & tu vas crever comme ton copain, ajouta son compagnon en pointant son arme dans sa direction.


Tout content d’avoir trouvé ce qu’il était allé chercher, le propriétaire des lieux perdit son sourire quand il découvrit de nouveaux inconnus chez lui. Des inconnus armés & visiblement belliqueux.
Il en perdit les papiers & la clef qu’il tenait dans ses mains.
Tous tournèrent la tête dans sa direction.
La jeune fille voulu aussitôt rassurer le pauvre homme tandis que le petit faussaire profita de cette diversion pour tenter de s’enfuir.
Mais il ne pu aller bien loin, ses courtes pattes ne lui ayant pas permis de prendre de vitesse ses adversaires, lesquels le firent trébucher & le maintinrent au sol.


_ Pitié ! Non ! Je ne voulais pas, se mit-il aussitôt à pleurnicher & supplier. C’était son idée, pas la mienne.
_ Arrêtez ! intervint l’homme du village.


Mais déjà une lame tranchait la gorge du nabot dont les supplications s’achevèrent dans un flot de déglutitions sanguinolentes.
L’homme fut pris de panique, mais la fille qui s’était rapproché de lui trouva les mots qui le rassurèrent très vite.
Elle lui expliqua ensuite, plus calmement, la situation. Révélant, preuve à l’appui, le précieux document qu’elle cachait contre sa poitrine.


_ Cet homme était un faussaire. Il a fait tuer nos amis, mon père & une multitude d’innocents, il a même comploté avec les barbus ...
_ Les barbus !? s’inquiéta son interlocuteur.
_ Oui, mais ne vous inquiétez pas, ils sont morts.


Reprenant ses explications, elle n’hésita pas à inventer quelques arguments afin de le convaincre un peu plus, même si cela ne s’avérait pas forcément nécessaire tant les dernières paroles du nain avaient fait office d’aveux pour lui.

_ Tout ça dans le seul but de s’accaparer l’héritage de mon aïeul. Ces hommes qui m’accompagnent font partis de la garde impériale, fit-elle en désignant les deux guerriers. Ils avaient à charge de condamner les coupables à mort, car il faut savoir qu’il n’a pas agit seul. Mais maintenant, puisqu’il était le dernier encore en vie, ils ont rempli leur mission & je viens donc régler la succession du comte Von Nabis, conclut-elle en lui tendant le document.


Il ne prit même pas la peine de consulter pleinement le document.
Il lui semblait tellement impossible qu’une histoire aussi rocambolesque que celle-là puisse être fausse qu’il était tout porté à la croire sur parole.
Reprenant les affaires qu’il avait laissé tomber, il les invita à le suivre.
La vue d’un second cadavre dans son salon & d’un chameau devant chez lui ne l’étonna qu’à moitié.
Ils quittèrent ensuite le village pour suivre un chemin qui serpentait un peu en hauteur.

*******


Ils marchèrent dix petites minutes pendant lesquelles elle répondit aux questions du guide. Lui assurant au passage que, ayant tout perdu, elle comptait certainement s’installer ici.
Tout l’héritage se trouvait dans la maison leur confia-t-il, en précisant toutefois qu’il n’y avait plus aucun mobilier à l’intérieur.
Après avoir passé une grille cadenassée, ils arrivèrent alors devant une grande bâtisse ancienne, splendide, certes un peu délabrée, mais dominant tout le village avec une vue imprenable de tous les côtés.


_ Voilà votre héritage ! fit-il non sans fierté. Ne bougez pas, je reviens avec le reste.


Après les avoir abandonné quelques instants, il revint de derrière la maison avec un chien-loup au bout d’une laisse. Celui-ci, remuant la queue tout excité de joie, se rua vers sa nouvelle maîtresse.

_ Tenez ! Il s’appelle Janabis.

FIN

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>>> Janabis <<< le plus fidèle des chien-loups qui vous attend à la taverne ! Tire la langue

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